Oraison

Ces mains dans la cendre ne devraient pas être les miennes, ces os que je ramasse devraient être les miens. Au pas de ma porte, une nouvelle statuette fichée dans la terre auprès de celles de nos aïeux, un visage de pierre. Mon fils. Le feu a dévoré sa dépouille. Devant elle, les guerriers ne se pressent point les uns aux autres et gardent leur rang. A l’ombre de leur casque peuvent glisser les larmes. Les vieillards soulèvent de leurs bras malingres les tambours et s’assemblent pour chanter. Les (...)

16/03/13 par Nadia Sanchez Lire la suite....

J’ai vu le géant

Un soir, sorti des flots, des vents de tempête et des pluies d’orage, j’ai vu le géant fouler les galets noirs. Je me souviens. Les navires éventrés dans d’abominables craquements. Les lames furieuses, les mâts rompus. Mes compagnons terrifiés, leurs cris lointains portés par les rafales. Les lampées d’eau salée avalées puis vomies, enflammant mes narines. Les dernières nefs écrasées par les vagues. Leurs voiles déchirées retombaient sur les flots pour venir épouser, en lambeaux de suaire, les corps épars, (...)

15/03/13 par Nadia Sanchez Lire la suite....

Le portrait

Tandis que la litière cahotait, je dormais, une main lasse sur le vélin de mes registres, l’autre blottie dans la large manche de mon aube de prêtre novice. J’avais humé le vent qui glissait entre les herbes folles, contemplé le tendre giron des prairies offert aux brebis. J’avais vu les nuages lécher les glaciers, le visage de Dieu dans leurs nuées, leurs reflet sur les lagunes turquoise. Les silhouettes acérées des montagnes déchirant le voile carné du couchant. J’avais vu s’abîmer les vains édifices (...)

14/03/13 par Nadia Sanchez Lire la suite....

Pour eux

Les manteaux noirs ont cessé de ployer sur le champ des martyrs et les vagabonds, enfants ou impies, dans leurs flâneries, rêvent. Ils rêvent, devant la plaine, à ceux qui sous la lune marchent, s’égarent au hasard et toujours reviennent, troupe grave et fidèle. Tous voient leurs armes au sépulcre reluire. Et les visages éteints et les plaintes lugubres. Pour eux, la langue a conté, par eux elle a vécu. Ils se sont brisés sur une terre ingrate. Le fils s’est couché sur le sein de l’aïeul. Cœurs exaltés (...)

13/03/13 par Nadia Sanchez Lire la suite....

Les passagers de l’onde

( illustration sonore : http://www.youtube.com/watch?v=jNn6EugSTNA) Je chantais ton nom dans ce jardin. Roi de tout mon univers, tu dors maintenant sous le tertre où décline le soleil. Ton palais n’est plus qu’un amas de ruines. Les cerfs viennent paître la mousse épaisse au pied des murs délabrés. Triste bâtisse où tu rêvais d’éternité, où je rêvais d’amour. Et nous nous sommes réveillés dans les larmes. Les Dieux de toutes choses, en créant la douleur se sont donc surpassés. Mais tout est si calme (...)

11/03/13 par Nadia Sanchez Lire la suite....

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